samedi 6 juin 2009

Le dernier exil de Charles Robert Jenkins






Découvrir l'île de Sado, trouver le musée. Se demander comment aborder Charles Jenkins ? Visite distraite du musée pour arriver au magasin de souvenirs. Et là, le croiser. Jenkins. Petit homme en costume traditionnel japonais. Lui qui ne parle pas la langue. Se présenter, demander à faire des photos. Pas de problème, fort accent américain.
Puis, la pose, immédiate, impérative, sans appel. Avec une boite de biscuits, devant d'autres boites, pas de possibilité d'aller dehors. Une sorte de contrat, l'engagement de Jenkins, il travaille. Des photos prises en compagnie de célébrités affichées dans le magasin en témoignent. Puis capter le regard qui s'évade, un peu loin, l'air absent. Plus tard, Jenkins posera devant sa moto, hors du magasin, beaucoup plus concerné, plutôt content et bavard, même si les moments d'absence reviennent vite.
Comprendre pourquoi. Il raconte dans un livre. La peur d'être envoyé au Vietnam, le conflit commençait à prendre de l'ampleur là-bas. 40 ans passés en Corée du Nord. Aujourd'hui sur l'île de Sado aux côtes sauvages et à l'histoire rythmée par les exils.
Un destin unique. L'incroyable histoire de Charles Robert Jenkins.

vendredi 5 juin 2009

The 'Finding J. project'


Je ne sais plus comment ça a commencé. Peut-être une discussion un soir à Tokyo. Je suis à la recherche d'endroits et surtout de connexions entre les endroits et les histoires. Entendre parler pour la première fois de J. Chercher, trouver, comparer les informations, se dire que J. a un destin hors-norme, une histoire vraie et incroyable.
Retrouver J. aujourd'hui. Rien de sûr, le projet me dépasse, renoncer.
Puis un matin, la révélation. Aller à Sado, absolument. Évidemment. Trouver J. ou non, faire des photos, au pire de l'absent. Le sujet se tient. Sado, île de l'exil et des bannis. Et surtout J.
J., c'est Jenkins, de son nom complet Charles Robert Jenkins.
L'histoire débute en hiver 1965 en zone démilitarisée entre les deux Corées. Jenkins a 24 ans, engagé dans l'armée US pour servir en Corée du Sud. Il disparaît alors qu'il est à la tête d'une patrouille de 4 soldats. Désertion, enlèvement ?
On retrouvera sa trace l'année suivante faisant la couverture d'un pamphlet anti-américain en Corée du Nord.
Il vivra pendant 20 ans avec 2 autres Américains dans une seule pièce, régulièrement battu.
Il sera également professeur d'anglais à l'université de Pyongyang où il rencontrera sa future femme, une Japonaise originaire de l'île de Sado, enlevée en 1978 par des espions nord-coréens en compagnie de sa mère dont on reste aujourd'hui sans nouvelle. Sa femme sera autorisée à rejoindre le Japon en 2002. Mais sans lui et leurs 2 filles.
Commence alors un cyclone diplomatique dans lequel se retrouve Jenkins. Les Américains veulent le récupérer pour juger sa désertion, gênante en pleine guerre d'Irak, lui veut rejoindre sa femme et a l'appui du premier ministre japonais en campagne, mais des accords existent entre le Japon et les États-Unis qui pourraient l'extrader et la Corée du Nord possède une carte intéressante dans son jeu qu'elle ne veut pas lâcher.
Après tractations en terrain neutre, Jenkins rejoindra finalement sa femme en 2004. Un jugement par une cour militaire américaine le condamnera à une peine symbolique d'un mois. Il mène aujourd'hui une vie tranquille sur l'île de Sado, dont les côtes font face à la Corée du Nord, en travaillant (tous les jours, sauf le mardi) au magasin de souvenirs du musée dédié à l'histoire de l'île.
Lire et relire l'histoire de Jenkins et se demander s'il sera là. Et comment. Le 'Finding J. project', repenser à tout ça sur le pont du ferry, en voyant émerger des brumes les côtes de l'île de Sado, le dernier exil de Charles Robert Jenkins.

Pour en savoir plus, des liens vers un article du Time et un autre de The Independent.
Une brève de Libération sur le sujet.

lundi 1 juin 2009

Les hommes jaunes


Cela se passe dans le port de Niigata, dans le Japon de l'envers, sur la côte réputée difficile voire hostile de la mer du Japon. Tout le monde s'affaire dans une chorégraphie parfaitement connue et interprétée, les gestes sont justes, méthodiques, la scène à l'unisson et parce qu'au Japon, on leur prête une précision toute particulière. On embarque sur un ferry qui doit nous conduire sur l'île de Sado, auparavant île de l'exil et des bannis, dernière étape du 'Finding J. project', ou l'étrange et extraordinaire histoire de J. Avant, il faudra traverser la mer au surnom prometteur 'l'endroit où se succèdent les tempêtes'.
Suite au prochain numéro...

Portraits de gaijins (les étrangers) suite


Oublié dans les archives. Ce sera l'inconnu de la série, celui qui dit d'accord et qui finalement préfère s'en aller juste avant la dernière photo. Un inconnu qui le restera croisé dans le parc de Shinjuku. Un peu embarrassé, un peu agacé, il est reparti comme je l'avais croisé, sans rien savoir de plus sur lui que ces photos. Je crois me souvenir que cela faisait deux ans qu'il était au Japon.
Sans doute la séance la plus courte et la plus raide de la série...

mardi 26 mai 2009

Water Temple sur l'île d'Awajishima






Un temple fait de béton et qui se cache sous une surface d'eau, lisse comme un miroir et sur lequel reposent des fleurs de lotus, symbole du ciel. C'est l'œuvre de Tadao Ando, architecte autodidacte et surdoué sur l'île d'Awajishima, une des premières îles à émerger selon le mythe de la création shinto.
Après la descente d'un escalier tout en béton, on plonge à l'intérieur même du temple à travers ses arrondis, le rouge des murs et la lumière qui y pénètre par une seule source.
Une expérience qui laisse songeur et admiratif, la beauté absolue dans le dépouillement et la pureté des lignes.

samedi 16 mai 2009

Portraits de gaijins (les étrangers) suite






Pour finir cette session, voici les derniers portraits de gaijins.
Robert des États-Unis qui est professeur d'Anglais et cherche un emploi dans l'IT et depuis 1 a, et demi au Japon, un autre Bob, acteur et professeur également, depuis plusieurs années, croisé à Kabuki-cho.
Nora, une jeune Française depuis 9 mois au Japon et qui enchaîne les petits boulots avec son ami à Shinjuku.
Luke, artiste américain de New York qui compte bien rester longtemps au Japon et enfin Hassan, de Turquie, jeune marié, débarqué à Tokyo et qui prend la vie du bon côté en attendant de trouver du boulot, avec Nishi Shinjuku en fond.

We love dogs






Un extrait d'une série de photos à propos des chiens à Tokyo. Nombreuses sont celles qui choisissent de ne pas avoir d'enfant dans un pays où maternité et vie professionnelle sont difficilement conciliables. Certaines se tournent vers l'acquisition d'animaux de compagnie comme palliatif, et comme souvent au Japon, cela tourne vite à la démesure, entre magasins de vêtements, promenades en poussettes et même centre de soins avec des caissons à oxygène pour compagnons à quatre pattes...
Une femme, après les photos me regarde, incline légèrement la tête, l'air inspiré : "You, you love dog, ne ?".

mercredi 6 mai 2009

Portraits de gaijins (les étrangers) suite



Sur le quai de la ligne Yamanote à Shibuya, Isabella du Pérou et Jose, des États-Unis et originaire du Honduras, respectivement depuis 7 et 3 ans au Japon.

vendredi 1 mai 2009

Tokyo Zar-bi




Au programme, du papier toilette qui s'appelle "Naive lady" soit dame naïve à 300 Yen les 12 rouleaux, un tee-shirt qui parle de "l'ordinaire, spécialité de Tokyo" et un homme dans le métro dont le journal (Sir Alex Ferguson pour être précis) remplace le visage. J'essaie de retrouver le vélo "Communist" qui est assez bon également.

Portraits de gaijins (les étrangers) suite


- "Hello, I'm photographer and I'm taking pictures of foreigners who stay for a long time in Japan..."
- "Français ?"
-"Ben, oui, comment vous savez ?"

Damned. Démasqué. Et c'est pas la première fois... L'accent peut-être (sans doute)...
Lionel, croisé à Shinjuku dans les rues animées ce vendredi soir. Depuis 3 mois au Japon, pour un an grâce au visa Working Holidays, visa de tourisme qui permet de travailler.